Le pays à l’honneur : la Tunisie – stand 10

La littérature tunisienne de langue française

La littérature francophone tunisienne est alimentée dans un premier temps par des auteurs musulmans arabes, par des auteurs issus de la minorité juive, italienne, maltaise. Par ailleurs, elle prend également un essor grâce aux Français installés en Tunisie. Aujourd’hui elle se caractérise par son sens critique et plusieurs écrivains tunisiens percent à l’étranger. Les thèmes de l’errance, de l’exil et du déchirement constituent l’axe principal de cette création littéraire.

Cette littérature née dans la période coloniale a donné au choix de la langue française la couleur politique de l’époque comme si elle n’avait d’autre vocation que de lutter contre la pensée colonialiste ou de la soutenir. Le statut de la langue française et son histoire en Tunisie ont cependant subi des mutations qui font l’objet d’un questionnement pour les auteurs tunisiens contemporains. Dans la période postcoloniale, le renouveau de la littérature tunisienne est fortement lié à la vie politique et aux changements qui ont touché ses institutions. La création de différentes maisons d’édition tunisienne à diffusion internationale a aussi encouragé un franchissement des frontières et la création d’un dialogue, puisque plusieurs auteurs confirmés publiaient en France.

Des maisons d’édition tunisiennes anciennes et nouvelles comme Cérès (1964), Nirvana (2006) et Elyzad (2005), publient des auteurs tunisiens confirmés et élargissent leur champ de diffusion pour toucher d’autres lectures francophones dans des manifestations culturelles internationales. De l’ère de Bourguiba jusqu’à la Tunisie d’aujourd’hui, la Révolution tunisienne et la chute de la dictature de Ben Ali ont constitué un jalon historique qui a attiré les regards vers le pays en matière d’art et de littérature. En matière de travaux universitaires, la littérature tunisienne a déjà fait l’objet de multiples publications en France, au Canada, en Italie et en Espagne, entre autres.

Par ailleurs, les motifs récurrents de la littérature tunisienne de langue française touchent l’enfance, la condition féminine et l’exil. Ces thèmes sont traités dans une perspective universelle susceptible de rejoindre les lecteurs du monde entier. Les convergences et les divergences entre la «tunisialité» et l’universalité interrogent le sens même de ce qui est tunisien et de ce qui est universel dans une période postrévolutionnaire où la Tunisie riche de son histoire continue à s’imposer à travers le monde; par ses poètes, ses essayistes, ses romanciers, ses scientifiques et ses nombreux éditeurs.

 

Texte tiré d’un article de Hanen Allouch publié dans La Plume francophone.